Dr Chloé Solatges
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L’adoption éthique d’un animal de compagnie

Chacun le sait, tout propriétaire d’un animal de compagnie a des obligations. Mais bien souvent, ces « contraintes » sont mal connues. Voici les quelques questions à se poser avant d’adopter, qui garantissent la moralité et la légalité de l’acte d’adoption.

Âge minimum d'adoption

Pour les chiens et les chats, l’âge légal minimal est 8 semaines. Attention, c’est un minimum absolu, l’idéal étant de laisser les chiots et chatons plus longtemps auprès de leur maman, lorsque c’est possible.

Dans les autres espèces, la loi ne précise rien. Toutefois, il faut s’assurer que l’animal soit sevré et qu’il ait les compétences comportementales et immunitaires suffisantes pour être séparé de sa fratrie.
A titre d’exemples, l’âge recommandé est de 2 mois pour les lapins, 6 semaines pour les cobayes, 3 mois en moyenne pour une perruche callopsite, 1 an pour les tortues terrestres. Il est en général plus malin de les adopter plus tard que ces recommandations afin d’assurer leur bien-être physique et émotionnel.

Espèces dont la détention est règlementée

Il existe de nombreuses espèces dont la détention est réglementée, notamment parmi les espèces sauvages, exotiques et les NAC. Vous trouverez ici la liste des espèces domestiques, sauvages et exotiques.

A titre d’exemple, pour adopter une tortue de Hermann, elle doit provenir d’un élevage, et il faut demander une autorisation préalable (Plus d’infos ici). L’adoption de ces espèces auprès d’un particulier est illégale, pour des raisons de protection de l’espèce.

Chez les chiens, la loi du 6 janvier 1999 définit également deux catégories de chiens dit dangereux, dont la détention est soumise à des conditions. Pour en savoir plus, voir ici.

Obligation de respect du bien-être animal

On l’oublie trop souvent : se renseigner sur les besoins de l’animal que vous adoptez et les respecter est une obligation légale.

Est puni de la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe, le fait pour toute personne qui élève, garde ou détient des animaux domestiques ou des animaux sauvages apprivoisés ou en captivité, de les priver de la nourriture ou de l’abreuvement nécessaires à la satisfaction des besoins physiologiques propres à leur espèce et à leur degré de développement, d’adaptation ou de domestication ; de les laisser sans soins en cas de maladie ou de blessures ; de les placer et de les maintenir dans un habitat ou un environnement susceptible d’être, en raison de son exigüité, de sa situation inappropriée aux conditions climatiques supportables par l’espèce considérée ou de l’inadaptation des matériels, installations ou agencements utilisés, une cause de souffrance, de blessures ou d’accidents ; d’utiliser, sauf en cas de nécessité absolue, des dispositifs d’attache ou de contention ainsi que des clôtures, des cages, ou plus généralement tout mode de détention inadapté à l’espèce considérée ou de nature à provoquer des blessures ou des souffrances.
(R215-4 du Code Rural)

En tout état de cause, le fait de ne pas pouvoir soigner un animal faute de moyens financiers n’est pas acceptable du point de vue légal. Bien sûr, chacun peut rencontrer des difficultés financières. Il existe des moyens de se faire aider, d’assurer son animal, des facilités de paiement, mais l’obligation d’anticiper sur des frais éventuels prévisible reste réelle.

Obligation d'identification

L’identification de certaines espèces est obligatoire. C’est le cas des chiens et des chats, qui doivent être identifiés par transpondeur électronique ou tatouage préalablement à l’adoption, afin que leur identité soit portée sur le fichier national d’Identification des CArnivores Domestiques (I-CAD).

Depuis février 2017, de nombreuses espèces sauvages captives doivent également être identifiées et enregistrées sur le fichier correspondant (I-FAP).

Autres contraintes

Le propriétaire d’un animal de compagnie doit en outre s’assurer que son animal ne soit ni un danger, ni une nuisance pour son voisinage.

Cela implique qu’il tienne compte des contraintes de son quartier (adopter trois coqs en centre-ville sera-t-il toléré par les voisins ?), des besoins de l’animal qu’il prend (mon chiot a peur des vélos, suis-je prêt à contacter un éducateur et à travailler avec lui ?), et du temps qu’il peut lui consacrer (comme mon chat restera seul la journée, suis-je assez disponible pour le dépenser et remplir son réservoir affectif le soir ?).

En conclusion, adopter un animal est un acte responsable, coûteux en temps et en énergie mais également en argent, qu’il faut réfléchir en profondeur avant de franchir le pas. C’est de cette façon qu’on évitera de découvrir trop tard si les contraintes sont insurmontables, ce qui reste une des causes principales d’abandon de jeunes animaux.